Page:La Brière - Champollion inconnu.djvu/80

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mon malheur, elle ne peut rien sur l’âme. Il faut être calme pour écouter ses inspirations. Je conçois qu’elle adoucit les maux ordinaires de la vie, qu’elle préserve des peines de convention qui naissent des préjugés sociaux, mais, si le cœur souffre véritablement, la philosophie se tait parce qu’elle sent alors son impuissance, que reste-t-il à l’infortuné ? Les consolations de l’amitié ; je les attends de toi ; je te raconte mes peines et je me sens un peu soulagé. Aime-moi, comme par le passé, et plus encore s’il se peut, parce que j’en ai bien besoin : je t’embrasse de cœur !

La tendresse du cœur se concilie chez l’égyptologue avec un enjouement, une simplicité, une grâce rieuse qui attache, séduit, et amuse :


Mon ouvrage grossit ; il devient plus ventru, à mesure que je maigris davantage…

La fièvre à la mode c’est la plaçomanie, la rage des places. Il y a de furieux accès de cette fièvre. Pour monter, il faut ramper ; c’est la maxime du temps !…

Je ne suis qu’un pauvre diable qui reçoit beaucoup de compliments sur son savoir et ses belles découvertes, mais pas un seul petit traitement pour ses menus plaisirs…

Tout en Égypte respire le souvenir de l’expédition française. Sur les ruines de l’antique Alexandrie, un aveugle arabe m’a crié fort intelligiblement : « La charité, citoyen ! Je n’ai pas déjeuné ! »…