Page:La Femme grenadier.djvu/154

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


nétrable enveloppe cette existence, et je suis liée par mon serment. L’attachement que je porte à mon frère, ou le respect que je dois à sa mémoire, si j’ai eu le malheur de le perdre, m’ont inspiré un projet, hardi sans doute, mais dont rien ne pourra me détourner. J’ai résolu de vous accompagner à l’armée, sous des habits d’homme ; je suis d’une très-grande taille, et je ne paraîtrai pas ridicule dans ce déguisement. Je m’enrôlerai sous les drapeaux de la République ; mon frère expie les fautes de mon père, je veux partager ses périls : je me mets sous votre protection, et je vous estime assez pour me livrer à vous sans crainte. Vous tenteriez vainement de me faire changer de résolution ; elle est irrévocable. Si vous vous refusiez à m’accompagner, je vous retirerais mon estime, et