Page:La Femme grenadier.djvu/177

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Nous nous regardâmes, Lavalé et moi ; il avait l’air de me dire, vous l’avez voulu : je me repends d’y avoir consenti. Je compris parfaitement son silence, et je le rassurai : Une seule chose m’inquiète, lui dis-je, nous sommes sans argent. Il me fit un signe rassurant, et paraissait craindre de me parler, de peur d’être surpris ; nous traversâmes en hâte l’avenue du château ; et quand nous en fûmes sortis, nous dévorâmes notre pain de sarrasin : depuis la veille, nous n’avions pris aucune nourriture.

Convenez, mon ami, dis-je à Lavalé, que l’appétit est un excellent cuisinier ; si l’on m’eût offert ce pain, pendant que nous étions à J… je l’aurais rejeté loin de moi ; aujourd’hui, il me paraît délicieux.

Lavalé était étonné de mon courage et de ma sécurité.