Page:La Femme grenadier.djvu/176

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Qu’on vienne nous dire que le sang parle, et qu’un certain je ne sais quoi nous entraîne vers nos proches parens. Je vous jure qu’il n’en est rien. Madame de Roucheterre continua de me traiter malgré l’explication avec beaucoup de froideur. Elle se fit apporter le portrait de mon père, fut un peu émue, et me dit que puisque notre intention n’était point de nous joindre aux bleus, elle consentait à ce que nous continuassions notre route ; qu’elle allait nous faire délivrer les passe-ports nécessaires pour que nous ne fussions point arrêtés par l’armée royale. On nous donna à chacun un pain de sarrasin ; mais on ne nous rendit aucuns de nos effets, pas même le portrait de mon père. On nous conduisit après hors du château, dont le pont levis se releva à l’instant.