Page:La Femme grenadier.djvu/197

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conduite, vous avouer que celle que vous avez tenue, lorsque vous me fîtes arrêter, vous a acquis mon estime. Vous paraissez avoir reçu une éducation au-dessus de celle qu’a ordinairement un soldat ; et vous pourrez apprécier le chagrin qui doit m’accabler, quand vous saurez que, né dans une caste que vous avez proscrite, j’ai fui ma patrie et tout ce que j’avais de plus cher, pour servir la cause de ceux qui s’occupent peu de notre sort, et seraient prêts à nous abandonner si leur intérêt l’exigeait. Je n’en suis pas moins proscrit dans mon pays ; je suis prisonnier et destiné à périr sur un échafaud, sans pouvoir être instruit du sort de ma famille ; la nommer, serait la livrer : j’attendrai mon sort avec résignation. Je vous demande une seule grâce, si vous pouvez me l’accorder sans vous compromettre.