Page:La Femme grenadier.djvu/202

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peut encore égarer. Jugez de mon étonnement, quand j’ai reconnu dans ce vieillard, un ami intime de celui qui m’a servi de père, et garanti des plus grands périls ; un vieillard innocent des crimes auxquels ces malheureuses contrées sont en proie, qui ne s’est trouvé parmi les chouans que par l’infidélité de ses conducteurs ; qui a son fils dans l’armée : son fils que j’aime, et que je traite en frère, qui dans ce moment est à l’hôpital de Rennes, couvert de blessures, qui a équipé, à ses frais, vingt volontaires, dont Durand, le premier sergent de ma compagnie, en est un. Jugez, dis-je, de mon étonnement et de ma douleur, de le voir sans cesse sous le couteau de la vengeance. J’ai recours à votre humanité. Accordez à Durand (qui depuis deux ans combat sous les drapeaux de la