Page:La Femme grenadier.djvu/244

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Il était nécessaire que je susse que c’était mon frère que j’allais embrasser ; jamais je ne l’eusse reconnu, si l’on ne m’eût pas dit, voilà Saint-Julien. Je me précipitai dans ses bras, nos larmes se confondirent ; Lavalé était resté anéanti, heureusement nous lui donnâmes le tems, par nos embrassemens réitérés, de se remettre de son étonnement. Les deux amis s’embrassèrent avec ce plaisir sincère qui n’appartient qu’à des cœurs vraiment purs.

Vous avez vu le portrait de mon frère, et vous savez qu’il était d’une superbe figure ! Hé bien ! je le retrouvai avec un œil de moins, un coup de sabre au travers du visage, et un bras emporté ; ainsi mutilé, vous pensez qu’il avait le droit d’obtenir son congé ; aussi n’attendait-il que l’arrivée du commandant.

Saint-Julien avait sollicité les