Page:La Fontaine - Œuvres complètes - Tome 2.djvu/46

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VI. — CONTE TIRÉ D’ATHÉNÉE [1].


Du temps des Grecs deux sœurs disoient avoir
Aussi beau cul que fille de leur sorte ;
La question ne fut que de sçavoir
Quelle des deux dessus l’autre l’emporte.
Pour en juger un expert estant pris,
A la moins jeune il accorde le prix,
Puis, l’espousant, luy fait don de son ame ;
A son exemple un sien frere est épris
De la cadette, et la prend pour sa femme.
Tant fut entr’eux à la fin procedé,
Que par les sœurs un temple fut fondé
Dessous le nom de Vénus belle-fesse.
Je ne sçais pas à quelle intention,
Mais c’eust esté le temple de la Grece
Pour qui j’eusse eu plus de dévotion.



VII. — CONTE TIRÉ D’ATHÉNÉE [2]


Axiocus avec Alcibiades,
Jeunes, bien-faits, galants, et vigoureux,
Par bon accord, comme grands camarades,
En mesme nid furent pondre tous deux.

  1. Ce conte, imprimé d’abord fort incorrectement parmi les épigrammes de J. B. Rousseau, où il est intitulé Les Belles fesses, fut admis en 1817 dans l’édition compacte des Œuvres complètes de J. La Fontaine avec le titre de La Vénus Callipyge, qu’il a conservé depuis. Nous le donnons ici d’après les manuscrits de Conrart.
  2. Edition de 1685 : Les deux Amis.