Page:La Fontaine - Œuvres complètes - Tome 2.djvu/67

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

Un bien dont ils n’ont plus que faire,
Quand ils ont pris leur necessaire,
Sans que jamals il vous ait plû
Nous faire part du superflu.
Vous me direz que nostre usage
Repugne aux dons du Mariage ;
Nous l’avoüons, et Dieu mercy,
Nous n’aurions que voir en cecy,
Sans le soin de vos consciences.
La plus griéve des offences
C’est d’estre ingrate ; Dieu l’a dit.
Pour cela Satan fut maudit[1].
Prenez-y garde ; et de vos restes
Rendez grace aux bontez celestes,
Nous laissant dismer sur un bien
Qui ne vous couste presque rien.
C’est un droit, ô troupe fidelle,
Qui vous témoigne nostre zele ;
Droit authentique et bien signé,
Que les Papes nous ont donné ;
Droit enfin, et non pas aumosne :
Toute femme doit en personne
S’en acquiter trois fois le mois,
Vers les freres Catalanois[2].
Cela fondé sur l’Escriture :
Car il n’est bien dans la Nature,
(Je le repete, écoutez-moy)
Qui ne subisse cette Loy
De reconnoissance et d’hommage :
Or, les œuvres de mariage,
Estant un bien, comme sçavez,
Ou sçavoir chacune devez,
Il est clair que disme en est deuë.

  1. Dans l’édition de 1668, ces deux derniers vers sont intervertis.
  2. Editions de 1668 et de 1685 :
    Vers les enfans de Saint François.