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LIVRE I.


Mais quoy, le canal eſt ſi beau,
Qu’il ne le quitte qu’avec peine.
On voit bien où je veux venir.
Je parle à tous ; et cette erreur extrême
Eſt un mal que chacun ſe plaiſt d’entretenir.
Noſtre ame c’eſt cet Homme amoureux de luy-meſme.
Tant de Miroirs ce ſont les ſottiſes d’autruy ;
Miroirs de nos défauts les Peintres legitimes.
Et quant au Canal, c’eſt celuy
Que chacun ſçait, le Livre des Maximes.