Page:La Fontaine - Fables choisies, Barbin 1692, tome 3.djvu/123

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Avec des ſoins aſſez fidelles.
Certain Chien qui portoit la pitance au logis,
S’eſtoit fait un collier du diſné de ſon maître.
Il eſtoit temperant plus qu’il n’eût voulu l’eſtre,
Quand il voyoit un mets exquis :
Mais enfin il l’eſtoit & tous tant que nous ſommes
Nous nous laiſſons tenter à l’approche des biens.
Choſe eſtrange ! on apprend la temperance aux chiens,
Et l’on ne peut l’apprendre aux hommes.
Ce Chien-cy donc eſtant de la ſorte atourné,
Un maſtin paſſe, & veut luy prendre le diſné.