Page:La Fontaine - Fables choisies, Barbin 1692, tome 3.djvu/156

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Il fit avertir ſa Province,
Que les obſeques ſe feroient
Un tel jour, en tel lieu ; ſes Prevoſts y ſeroient
Pour regler la ceremonie,
Et pour placer la compagnie.
Jugez ſi chacun s’y trouva.
Le Prince aux cris s’abandonna,
Et tout ſon antre en réſonna.
Les Lions n’ont point d’autre temple.
On entendit à ſon exemple
Rugir en leurs patois Meſſieurs les Courtiſans.
Je definis la cour un païs où les gens
Triſtes, gais, preſts à tout, à tout indifferens,
Sont ce qu’il plaiſt au Prince, ou s’ils ne peuvent l’eſtre,
Taſchent au moins de le parêtre,