Page:La Fontaine - Fables choisies, Barbin 1692, tome 3.djvu/67

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Il aiguiſoit ſon bec, batoit l’air & ſes flancs,
Et s’exerçant contre les vents
S’armoit d’une jalouſe rage.
Il n’en eut pas beſoin. Son vainqueur ſur les toits
S’alla percher, & chanter ſa victoire.
Un Vautour entendit ſa voix :
Adieu les amours & la gloire.
Tout cet orgueil perit ſous l’ongle du Vautour.
Enfin par un fatal retour
Son rival autour de la Poule
S’en revint faire le coquet :
Je laiſſe à penſer quel caquet,
Car il eut des femmes en foule.
La Fortune ſe plaiſt à faire de ces coups ;
Tout vainqueur inſolent à ſa perte travaille.