Page:La France foutue, 1796.djvu/175

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huit hier, vous ne seriez pas si matinale : et le tout, pour six francs. Cette dame en tira six de sa poche, et les donnant à cet homme, elle lui dit : Voilà six francs que je vous donne, il vous coûteront moins à gagner que ceux d’hier, et ne vous déshonoreront pas. L’Eurymédon français restant interdit laissa aller la dame sans pouvoir rien lui répondre.

La raison fait toujours rentrer les hommes en eux-mêmes pour quelques momens.

(57) Vous êtes libres tous… Quelle liberté… N’est-ce-pas plutôt une tyrannie, sous le manteau de la licence ?

La tyrannie a plusieurs masques dont elle se couvre. Jovien fit jeter dans un puits le secrétaire de son prédécesseur ; Valentinien III assassina Aëtius : Voici la tyrannie du prince. Les soldats assemblés ont massacré Stilicon en présence d’Arcadius ; et, malgré le prince, le sénat fit égorger la veuve d’un ministre ; voici la tyrannie de la multitude : voilà ce qu’il appelle liberté.

(58) Hélas je suis foutu !… L’on sent une satisfaction secrette, à la vue des suplices qui tourmentent les tyrans.

L’incestueux Andronic, plus cruel que les tygres, usurpa le trône de Constantinople. Désespéré du dépérissement de ses forces, il envoyait chercher,

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