Page:La Landelle - Le Dernier des flibustiers, Haton, 1884.djvu/258

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mes beaux-frères pour me réconcilier avec eux. Je ne réclamais plus Werbova, je ne voulais que revoir mes sœurs et les présenter à la comtesse ; mais au bout de vingt ans, ils sont implacables !…

— À cheval ! Maurice !… À cheval !… Adieu, ma femme, adieu, mon fils, adieu, mes amis !… À cheval !… à cheval !…


C’est une lamentable histoire, en vérité, que celle des hommes de génie qui, prenant pour mobile une idée généreuse, veulent le progrès d’une science ou l’affranchissement d’un peuple, la découverte d’un monde ou le bonheur de l’humanité !

Ainsi peut se résumer celle de sept années inutilement consacrées par Béniowski à la recherche d’une puissance qui daignât patronner l’œuvre de la civilisation de Madagascar, – œuvre immense quand on considère, non-seulement l’étendue et la fécondité de l’île africaine, mais encore sa situation géographique.

À peine arrivé en France où il fut chaleureusement appuyé par Benjamin Franklin, il reçut conformément à la proposition du général de Bellecombe, une épée d’honneur en récompense de ses services ; mais bientôt les rapports exécrables de ses ennemis d’outre-mer firent apprécier sa conduite sous un jour tout opposé.

Il se rendit alors en Autriche où d’autres haines l’attendaient. Ceux qui l’ont dépouillé ne cessent de le craindre. – Le ministre Panin ne tarde pas à savoir que le rebelle du Kamchatka est en Hongrie, il demande son extradition, et l’obtient d’autant plus aisément que l’empereur Joseph II vient d’être attiré à Saint-Pétersbourg, où on l’amusa par de belles espérances, afin qu’il fermât les yeux sur l’envahissement de la Crimée.

Béniowski, prévenu au dernier moment par le fidèle Vasili,