Page:La Landelle - Le Dernier des flibustiers, Haton, 1884.djvu/265

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Augustine se jeta au cou de sa mère.

Mais le vicomte, ce soir-là, ne répondit rien.

Une première fois, payant de sa personne, il avait monté la Douairière pour arracher Maurice à la captivité du Kamchatka ; une seconde fois il avait consacré une grande partie de sa fortune à l’armement de l’Aphanasie, ce dont, à la vérité, Béniowski l’indemnisa plus tard ; ensuite, pendant plusieurs années, il avait coopéré avec un zèle infatigable à toutes les démarches de son ami ; il avait tenté, en outre, à plusieurs reprises, de le délivrer des pontons anglais. – Son dévouement fraternel était-il donc à bout ?… L’âge, la triste expérience de la vie avaient-ils donc exercé leur inexorable empire sur l’âme généreuse du vicomte Richard de Chaumont-Meillant ?

Aphanasie et Augustine le virent tressaillir pourtant lorsqu’il apprit que le 25 octobre 1784, Maurice avait fait voiles pour Madagascar, à bord du trois-mâts américain l’Intrépide, commandé par le capitaine Scipion-Marius Barkum.

XX

TROP TARD !


Scipion-Marius Barkum, devenu citoyen des États-Unis, avait repris son embonpoint et ses meilleures habitudes. Il s’était remarié, parlait anglais avec l’accent flamand et naviguait pour le compte de la plus grande maison de commerce de Baltimore.

Lorsque le comte de Béniowski fut recommandé au riche