Page:La Landelle - Le Dernier des flibustiers, Haton, 1884.djvu/87

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naises ou formosiennes antérieurement échangées contre les fourrures des Aléoutes et du Kamchatka. – Les moindres associés eurent une quinzaine de mille francs pour leur part, après que les frais du premier armement de la Douairière et tous les appointements arriérés eussent été payés selon les règles.

Cette liquidation fort compliquée, le licenciement des équipages réunis, et les visites que Béniowski dut rendre à l’évêque de Mitélopolis, aux directeurs des compagnies française, suédoise et danoise, au comte de Saldanha, gouverneur de Macao pour le Portugal, et enfin au mandarin incorruptible, remplirent quinze jours entiers.

Les associés primitifs se dispersèrent suivant leurs nations respectives. Les Russes et Kosaques s’enrôlèrent ou s’établirent les uns parmi les Hollandais, les autres parmi les Danois. Quelques braves gens se fixèrent à Macao pour y faire le commerce.

La plupart des matelots de la Douairière passèrent à bord de l’Aréthuse. – Les autres, tous les aventuriers de Madagascar, Vasili, Chat-de-Mer et Petrova suivirent la destinée de Béniowski et d’Aphanasie, qui embarquèrent sur le vaisseau de la compagnie le Dauphin, en partance pour l’Île-de-France, sous le commandement du chevalier de Saint-Hilaire.

Au moment de passer de l’Aréthuse sur le Dauphin, le comte de Béniowski, accompagné d’Aphanasie et de son état-major, c’est-à-dire du capitaine Vincent du Capricorne et des derniers officiers de la Douairière, fit en termes chaleureux ses adieux à M. Cerné de Loris ; il lui témoigna sa profonde reconnaissance et lui jura une amitié à toute épreuve.

— Général, lui répondit le commandant en chef, votre amitié m’est chère, je l’accepte avec orgueil ; elle est à mes yeux inappréciable ; mais vous ne me devez aucune reconnaissance, je n’ai fait que vous rendre justice.