Page:La Landelle - Le Dernier des flibustiers, Haton, 1884.djvu/88

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V

INDOMPTABLE TAUREAU, DRAGON IMPÉTUEUX.


Le Dauphin, après plusieurs escales dans l’Inde, mouilla enfin au Port-Louis, où la plus flatteuse réception attendait son illustre passager.

Le gouverneur Desroches, informé du rang du comte de Béniowski, voulut qu’une chaloupe royale allât le chercher à bord ; il lui fit rendre les honneurs militaires et lui offrit un appartement dans son hôtel.

À bord du Dauphin, pendant les loisirs de sa longue traversée, il avait lu tous les ouvrages que M. de Saint-Hilaire put lui procurer sur les Indes et sur Madagascar ; à Pondichéry, à Karikal, il avait trouvé des documents précieux dont il s’était pénétré ; une foule de marins lui avaient aussi fourni des renseignements que complétait d’une manière semi-officielle le gouverneur Desroches.

Béniowski, dès le premier jour, lui présenta le chevalier Vincent du Capricorne dont il esquissa brièvement l’aventureuse biographie.

— Eh quoi ! monsieur le capitaine, s’écria le gouverneur avec surprise, vous êtes le maître et seigneur du Fort-Dauphin ?…

— Sous pavillon français, M. le gouverneur, et pourvu que mon pauvre sergent Franche-Corde ait suivi mes consignes ! Mais voici bien dix-huit mois que je l’y ai laissé avec vingt-cinq