Page:La Révolution surréaliste, n02, 1925.djvu/20

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OUVREZ LES PRISONS LICENCIEZ L’ARMÉE Il n’y a pas de crimes de droit commun. Les contraintes sociales ont fait leur temps. Rien, ni la reconnaissance d’une faute accomplie, ni la contribution à la défense nationale ne sauraient forcer l’homme à se passer de la liberté. Vidée de prison, Vidée de caserne sont aujourd’hui monnaie courante

ces monstruosités

ne vous étonnent plus. L’indignité réside dans la quiétude de ceux qui ont tourné la difficulté par diverses abdications morales et physiques {honnêteté, maladie, patriotisme). La conscience une fois reprise de Vabus que constituent d’une part Vexistence de tels cachots, d’autre part l’avilissement, Vamoindrissement qu’ils engendrent chez ceux qui y échappent comme chez ceux qu’on y enferme, — et il y a, paraît-il, des insensés qui préfèrent au suicide la cellule ou la chambrée, — cette conscience enfin reprise, aucune discussion ne saurait être admise, aucune palinodie. Jamais l’opportunité d’en finir n’a été aussi grande, qu’on ne nous parle pas de l’opportunité. Que MM. les assassins commencent, si tu veux la paix prépare la guerre, de telles propositions ne couvrent que la plus basse crainte ou les plus hypocrites désirs. Ne redoutons pas d’avouer que nous attendons, que nous appelons la catastrophe. La catastrophe ? ce serait que persiste un monde où l’homme a des droits sur l’homme. L’union sacrée devant les couteaux ou les mitrailleuses, comment en appeler plus longtemps à cet argument disqualifié ?

Rendez aux champs soldats et bagnards. 

Votre liberté ? Il n’y a pas de liberté pour les ennemis de la liberté. Nous ne serons pas les complices des geôliers. Le Parlement vote une amnistie tronquée ; une classe au printemps prochain partira; en Angleterre toute une ville a été impuissante à sauver un homme, on a appris sans stupeur que pour la Noël en Amérique on avait suspendu l’exécution de plusieurs condamnés parce qu’ils avaient une belle voix. Et maintenant qu’ils ont chanté, ils peuvent bien mourir, faire l’exercice. Dans les guérites, sur les fauteuils électriques, des agonisants attendent : les laisserez-vous passer par les armes ? Ouvrez les Prisons Licenciez VArmée