Page:La Revue blanche, t20, 1899.djvu/30

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En tout cas, il ne faut point s’imaginer que la vie mentale, la littérature, ou la civilisation soit en décadence en Chine. Rien ne serait plus faux. La littérature chinoise, comme la Chine elle-même, vit sur son antiquité, dans ce sens qu’elle y puise toujours de nouvelles forces pour l’avenir ; qu’elle y trouve toujours de nouveaux aliments pour sa vigueur psychique. La Chine a une source inépuisable dans sa culture antique ; elle vit de sa culture ; sa stabilité vitale effrayante a une base psychique ; et nous osons en rire, nous qui mesurons la civilisation d’après la différenciation économique !

Eh bien, s’il n’y a pas en Chine ce que nous appelons le « progrès » : il y a peut-être ce que nous devrions appeler l’ « évolution ». Et que l’Europe prenne garde !

Et, pour dire, comme conclusion, un mot « pro domo », à l’instar des publicistes chinois : Qu’on ne conclue pas sur la civilisation chinoise d’après ces quelques notes mal coordonnées, forcément superficielles et évidemment indignes du plus vaste sujet qu’essayiste puisse choisir.

Alexandre Ular