Page:La Revue blanche, t20, 1899.djvu/303

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


maintenant nous commençons à respirer. Je vais donc tâcher d’aller samedi à la Préfecture, comme tu me l’as tant recommandé ; mais, entre nous, je fais des vœux pour que la préfète ne reçoive pas, car, tu as beau dire, cette petite madame Jambey du Carnage, c’est un genre de femme qui ne me revient pas ; et puis on sent si bien que si tu n’étais pas député… ! Et, va, cela n’échappe pas non plus à ta fille, qui est fine…

Si tu as un instant, je voudrais bien que tu ailles voir pour des tentures, dont tu auras besoin dans ton cabinet, et aussi un tapis de table, car je n’emporterai pas le vieux, qui est usé. Tu pourrais faire un tour en te promenant jusque la place Clichy, par exemple, parce que, de là, tu pousserais jusque chez les Tirebois, dont c’est, je crois, un peu le quartier (je te rappelle leur adresse, 88, Boulevard Pereire). Tu leur feras certainement grand plaisir en y allant ; Yvonne a reçu une petite lettre charmante de Germaine, qui sera pour elle, je crois, une excellente et précieuse amie ; les Tirebois connaissent beaucoup de monde, et c’est un milieu qu’il me sera fort agréable de fréquenter. Donc, les tentures, le tapis de table, et les Tirebois.

Et surtout envoie-nous vite de tes nouvelles.

Voyonne et moi embrassons le député.

Antoinette

P.-S. — Tu pourrais voir aussi, pendant que tu y seras, pour une grande lampe à pied (et rappelles-tu celle qui est à la Banque de France ?), et un abat-jour (vert-mousse ou vieux-rose). Je pense aussi qu’il faudra un filtre et un fourneau à gaz.

P. c. c.
Franc-Nohain