Page:La Revue blanche, t20, 1899.djvu/357

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J’ai dit sans exagérations ni déviations, — et c’est ici que je m’explique :

Vous connaissez l’adage latin, Si vis pacem para bellum, si tu veux la paix, prépare la guerre ; oui, prépare la guerre, c’est-à-dire développe tes armements, exerce tes soldats, instruis tes chefs. Mais, ce n’est pas tout : surveille l’esprit de ces chefs et de ces soldats, fais en sorte que rien ne vienne altérer dans leur âme le filon de tous ces sentiments élevés, qui sont leur plus précieux patrimoine : amour de la gloire, certes, et de l’héroïsme, mais aussi amour du Bien et du Juste, car c’est cela aussi que signifie l’amour de la Patrie.

Et c’est ainsi qu’en préparant la guerre tu assureras la paix, tu l’assureras dans les limites du juste et du bien, tu ne t’embarqueras pas dans une aventure déloyale, tu ne feras pas usage de ta force et de tes armes pour un profit honteux, dans l’attente d’un gain illicite, contre le droit et la légalité.

Si les Anglais avaient cet esprit militaire, comme je viens de l’expliquer, comme je le comprends, comme il est et doit être en effet l’esprit de notre belle et vaillante armée de France, — ils n’imposeraient pas à l’Europe le spectacle vil et révoltant de cette guerre que si exactement l’expression vengeresse et incisive de Madame Adam stigmatise : « la guerre Chamberlain, Rhodes et Compagnie » !…

Martin-Martin,
Député.

Du Petit Tambour.

LÂCHE AGRESSION

Notre rédacteur en chef vient d’être victime d’un inqualifiable attentat. Assis à la table du café Fougère avec quelques amis, M. Antonin Canelle parcourait, en les commentant selon son habitude, les diverses feuilles parisiennes que le courrier venait d’apporter.

Soudain un forcené s’est approché de lui, et, brusquement, par derrière, lui a asséné un violent coup de poing.

Grâce aux consommateurs qui se sont immédiatement interposés, l’agresseur a pu, par une fuite précipitée, éviter les justes représailles auxquelles s’apprêtait notre ami.

Quant au nom de cet énergumène, l’ignominie du procédé le proclame assez haut, et tout nos lecteurs ont déjà compris qu’il s’agit du valet de plume aux gages des jésuites, du cacographe de la feuille clérico-cafarde.

Quelque habitude que nous en ayons pu prendre au cours de la dernière période électorale, ces mœurs de cannibales nous produisent encore un haut-le-cœur de surprise et de dégoût.

Ajoutons que M. Antonin Canelle a immédiatement adressé au Parquet la lettre suivante :