Page:La Revue blanche, t20, 1899.djvu/623

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let, maréchal-ferrant, ont affecté de ne pas se découvrir devant le cercueil ; je dois dire que cette attitude est généralement blâmée.

Au cimetière, un conseiller municipal de Marseille, M. Bedos, camarade d’enfance de M. Moulineau, et qui était de passage pour son commerce, a prononcé un discours, où je ne vois rien de particulier à signaler ; j’ajouterai que cette allocution, bien quelle ne m’ait point paru dépourvue de qualités littéraires et même oratoires, n’a pas semblé produire un grand effet. Un incident plutôt comique a marqué la fin de la cérémonie ; quand M. Bedos a eu terminé de parler, un vieillard s’est approché, qui paraissait extrêmement ému, mais légèrement pris de boisson ; il avait l’air de vouloir, à son tour, prononcer quelques mots ; mais tout à coup, il s’est borné à jeter violemment dans la tombe ouverte son chapeau qu’il tenait à la maim, et en s’écriant : — N… de D… ! — puis s’est retiré en sanglotant. Ce vieillard serait un nommé Gourd, receveur buraliste, père de Mme Moulineau, et qui adorait sa petite fille et filleule, la petite Moulineau. En résumé les cléricaux en ont été pour leurs menaces, qui n’ont atteint personne, et j’estime même qu’il sera inutile de déplacer l’instituteur Moulineau, ainsi que vous en aviez bien voulu examiner l’éventualité, avant les vacances de Pâques.

Le Commissaire Spécial,
Laflize.

P. c. c.
Franc-Nohain