Page:La Revue blanche, t20, 1899.djvu/635

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MUSIQUE 633

saaglots ; ce second acte où. à Tair célèbre de Pylade, à la scène terrifiante d^Oreste se débattant contre les furies dans le noir de la nuit, succède la scène d’une immaculée blancheur d’Iphigénie et de ses compagnes, d’une impression exquise en sa sensibilité douloureuse et sacrée ; ou, encore, le troisième acte, palpitant d’émotion, et ce quatrième acte d’une si haute éloquence tragique, — oa subit le joug du beau.

Mme Jeanne Raunay est l^Iphigénie rêvée. Belle à miracle en sa blanche tunique, elle chante ea grande artiste le rôle écrasant d’Iphigénie (écrit dans une tessiture redoutable), et elle le conduit jusquTau bout avec une vaillance d’organe admirable. Ce qu*on ne saurait trop louer chez Mme Raunay, c^st Télégaace de ses attitudes, Tharmoni^ de ses gestes, le cachet de pudeur délicatement féminine qu’elle imprime au personnage, la noblesse du style et rampleur de l’expression. Une interprétation semblable met définitivement une artiste au premier plan. Les autres artistes font de leur mieux, ce qui ne veut pas dire qu’ils soient indifférents. Les chœurs et l’orchestre sont absolument remarquables. Kt ce fut un énorme succès. André Corneau