Page:La Revue blanche, t20, 1899.djvu/639

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LES LIVRES 637 or du livre d'étreunes, est enfermée, souvent contaminée de mauvais dessins, déparée d^un style ridicule, Timagination de tel livre cé¬ lèbre. Le cas existe pour le Capitaine Fracasse. Deux auteurs ont mis en comrnun leurs dons naturels et leur acquit pour le gâcher sous ua titre à eux. Les traductions des œuvres étrangères sont choi¬ sies avec le même esprit qui préside à Télection des fabricants de livres français Vous trouverez le roman amusant de Mark Twain, le Prince et le Pauvre on adonné autrefois le Munchhausende Burger, on le retire encore un peu. Il y a aussi une assez mauvaise traduction d'Aadersen, des arrangements de contes de Grimra,un roman de Ste¬ venson ;les contemporains de valeur sont exclus. On préfère les nar¬ rateurs de scalps, ou bien les bonnes dames qui délaient la pâte des homélies d^ue main pieuse à la modeste raitaiaé. Les petites his¬ toires quelles coûtent, pour avoir séjourné longtemps dans leurs cabas en gardent une odeur de renfermé. S'il fallait accorder toute sa confiance aux intermédiaires qui nous conseillent ces livres, il fao- drait du même coup croire que La production étrangère est aussi fai ble que la nôtre. Mais les éditeurs ae sont peut-être pas de très bons juges. La vérité est que la valeur littéraire n est, là, comptée pour rien, pas plus que le mérite iconographique. Je ne parle point, bien entendu, des gros livres de luxe qu^on publie sous cette date dxi jour de Taa, et qui sont simplement des livres bien faits typographique¬ ment et chers qu'oa lance à cette date fatidique. Les publications telles que VHaon de Bordeaux de Gaston Pâris, indiquent plutôt le com¬ mencement d^ne nouvelle orientation, et il y a eu déjà quelque peu, et il y aura toujours davantage à la date du jour de Tan, éclosion du livre de vulgarisation. Mais s'il est bon d'instruire Tenfant en Famü- sant selon uue vieille ambition à laquelle on satisfait moins qu on ne pense, il faudrait aussi savoir, je ne dirai pas Tarauser, mais réveil¬ ler. La faculté d'imagination, chez Tenfant est à la fois forte et faible, faible parce quelle n'arrive point encore à se dissocier de la mé¬ moire, forte en ce sens qu’elle reçoit l’anecdote et l’image à la façon d une plaque sensible et que tout ce qui passe par le truchement du livre impressionne une page du livre de conscience. Ï1 y a» dans une certaine mesure, gravité à remplir préalablement de sottises le cer¬ veau des erfantF dont on veut faire des hommes intelligents. Il est vrai que ce système des premiers livres de plaisir, faux> plats, plutôt nuisibles, était tout récemment parfaitement d’accord avec ce sys¬ tème d'études, où il fallait, tous les deux ou trois ans, enseigner au jeune élève qu'on lai avait menti, pour occuper son temps, qu'il fal¬ lait oublier cela, mais que cette fois-là c'était bien les études sérieuses qui commençaient ; il semble qu^in effort énergique se produise pour qu'il y ait eu ce genre quelque changement. Il serait bon, puisqu'on améliore un peu les études prétendues utiles pour la jeunesse, quTon s’occupe un peu du fond d’images et; de la couleur de pensée qui va