Page:La Revue blanche, t27, 1902.djvu/247

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La Femme ouvrière

L’ouvrière ! Mot impie, sordide, qu’aucune langue n’eut jamais, qu’aucun temps n’aurait compris avant cet âge de fer, et qui balancerait à lui seul tous nos prétendus progrès !
Michelet.
L’ouvrière, mot glorieux que tous les peuples connurent, dès qu’ils eurent supprimé l’esclavage et la servitude.
Paul Leroy-Beaulieu.


ACCROISSEMENT DE LA MAIN-D’ŒUVRE FÉMININE

L’utilisation croissante de la main-d’œuvre féminine et infantile et sa substitution progressive à la main-d’œuvre masculine est un fait caractéristique de l’évolution du travail aux xixe et xxe siècles.

Une confrontation des enquêtes ouvrières de 1891-93 à celles de 1840-45 est éloquente. — Voici des exemples tirés du département de la Seine :

  ENQUÊTE 1840-45
Femmes et enfants
ENQUÊTE 1891-93
Femmes et enfants
Fabrication des vins de champagne 
17 p. 100 20 p. 100
Confiserie, chocolaterie 
8 50
Conserves alimentaires 
37 77
Produits chimiques 
7 8
Savonnerie, stéarinerie 
22 35
Industrie du livre 
20 38
Filature du coton 
26 50
Tissage du coton 
52 65
Bonneterie 
48 70
Carrosserie, charronnerie 
0 3
Industrie de la soie 
33 80
Faïencerie, porcelainerie 
33 35
Verrerie, glacerie, cristallerie 
17 30
Marbrerie 
0 24

L’emploi de la main-d’œuvre féminine réalise une économie dans les frais de production. Les machines-outils, en bien des cas, ont facilité cette substitution. Voici ce que dit l’enquêteur du Ministère du commerce et de l’industrie :