Page:La Rochefoucauld - Œuvres, Hachette, t1, 1868.djvu/187

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ET MAXIMES MORALES. XLIX On n’est jamais si heureux ni si malheureux qu’on s’imagine’, (éd. i*.) L Ceux qui croient avoir du mérite se font un honneur d’être malheureux, pour persuader aux autres et à eux- mêmes qu’ils sont dignes^ d’être en butte à la fortune^. -6 ED. I

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LI Rien ne doit tant diminuer la satisfaction que nous avons de nous-mêmes que de voir que nous désapprou- Montaigne (£wa« , livre II, chapitre xii, tome II, p. 399}, disait : « Que toutes choses auoient en elles les visages qu’on y trouuoit. a . Dans les quatre premières éditions : « que /’o« pense. » — Dans le manuscrit : « On n’est jamais si malheureux quon craint, lù si heureux qu’on espère. » — Autre version du manuscrit ; oc Les biens et les maux sont plus grands dans notre Imagination au ils ne le sont en effet, et on n’est jamais si heureux ni si malheureux que l’on pense. » — L’abbé de la Roche rappelle que « le cardinal de Riche- lieu avoit coutume de dire qu’il y a des révolutions si grandes dans les choses et dans les temps, que ce qui paroît gagné est perdu, et que ce qui semble perdu est gagné. » — Voyez la maxime 572. . Var, : Ceux qui se sentent du mérite se piquent toujours d’être malheureux, pour persuader aux autres et à eux-mêmes quils sont au-dessus de leurs malheurs, et qu’ils sont dignes.... (i665.) . Var. :.... pour persuader aux autres et à eux-mêmes qu’ils sont de véritables Itéras^ puisque la mauvaise fortune ne s opiniâtre ja- mais à poursuivre que les personnes qui ont des qualités extraordinaires . [Manuscrit.) — Duclos (1806, tome I, p. i3i, Considérations sur les mœurs de ce siècle, chapitre v) : « Celui dont les malheurs attirent l’at- tention est à demi consolé.» — A’auvenargues (p. 84) trouve cette pensée de la Rochefoucauld commune , aussi bien que la 48°. — Voyez la maxime 5^3 .