Page:La chanson française du XVe au XXe siècle.djvu/205

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LA TREILLE DE SINCÉRITÉ


Nous n’avons plus cette merveille,
Ce phénomène regretté,

            La treille
         De sincérité.

Bis.


Cette treille miraculeuse,
Dont la vertu tient du roman,
Passa longtemps pour fabuleuse
Chez le Gascon et le Normand ; (bis)
Mais des garants très authentiques
Ont lu, dans un savant bouquin,
Que son raisin, des plus antiques,
Existait sous le roi Pépin…
Nous n’avons plus, etc.

Un docteur qui faisait parade
De son infaillibilité,
Allant visiter un malade,
Vit le raisin, et fut tenté.
Puis de son homme ouvrant la porte,
Et le trouvant sans pouls ni voix :
« C’est, dit-il, (le diable m’emporte !)
Le trentième depuis un mois.
Nous n’avons plus, etc.

Un auteur, sous un frais ombrage,
Lisant un poème fort beau,
A chaque feuille de l’ouvrage
S’humectait d’un raisin nouveau.
« Çà, lui dit-on, un tel poème
Vous a coûté six mois et plus ?…
— Non, reprit-il à l’instant même…
Il m’a coûté cinquante écus. »
Nous n’avons plus, etc.