Page:Labiche, Delacour, Choler - Les Chemins de fer, 1867.djvu/118

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cusez-moi ; mais toutes les chambres sont occupées… et il fait très froid dans ce corridor. (Courtevoil ronfle fortement derrière les rideaux.) Mâtin ! elle a un bon creux ! (Apercevant le bras de Courtevoil qui pend en dehors des rideaux.) Oh ! sa main, sa jolie petite menotte !… (Il se met à genoux et embrasse la main. Examinant le bras de Courtevoil.) Ah ! sapristi !… elle est tatouée !… Qu’est-ce que ça représente ? Une grenade qui éclate au milieu d’un cœur ! (Remuant le bras.) Et de l’autre côté !


Courtevoil, dans les rideaux.

On ne va donc pas me laisser dormir, nom… d’un chien !…


Jules.

Oh ! le capitaine !

Il regagne vivement son lit et s’y blottit.


Courtevoil, ouvrant ses rideaux et se mettant sur son séant.

J’ai le cauchemar… Tout à l’heure j’ai rêvé que mon chien me léchait la main…


Jules, à part.

Merci !


Courtevoil.

Il fait trop chaud dans ce lit-là… La plume… les oreillers… Je vais faire un tour. (Il saute en bas de son lit et se promène.) Après ça, je n’avais pas le choix… l’auberge était pleine… Quand j’ai demandé un lit, on m’a dit : Il n’y en a plus… J’ai répondu : Quand il n’y en a plus, il y en a encore… Je suis monté, j’ai poussé une porte… (Montrant le lit aux rideaux.) Ce lit-là était vacant… je m’y suis concentré… Mais c’est trop chaud !… ce qu’il faut à l’homme pour dormir… c’est une planche, avec des trous pour laisser passer l’air !


Jules, à part.

Comme pour les bouteilles !


Courtevoil, apercevant le lit de Ginginet.

Tiens, en voilà un qui est vacant. (Le palpant.) Il est plus dur que l’autre ; je vais permuter…

Il se met dans le lit de Ginginet.


Jules, à part.

Est-ce qu’il va essayer tous les lits de la maison ?