Page:Labiche, Delacour, Choler - Les Chemins de fer, 1867.djvu/12

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Tapiou.

Ca va refroidir… attends… la bouche de chaleur… elle servira à quelque chose. (Il place son assiette à terre sur la bouche de chaleur.) Maintenant pelure ma pomme… parce qu’avec une main…


Pauline, tout en pelurant la pomme.

Eh bien ? qu’est-ce que je vois ? t’es manchot du bras gauche aujourd’hui.


Tapiou.

Oui…


Pauline.

Hier c’était le droit…


Tapiou.

Je change… un jour l’un, un jour l’autre ; si tu crois que c’est caressant de se replier le bras toute la journée de neuf à quatre.


Pauline.

Si on allait s’apercevoir que tu as tes deux bras…


Tapiou.

Impossible ! Je n’en montre qu’un à la fois…


Pauline.

Tu n’avais aucun titre pour obtenir ta place… Simple gâte-sauce dans un restaurant à trente-deux sous…


Tapiou.

Trente-cinq… depuis l’Exposition… une bonne place…


Pauline.

Que tu as perdue, grâce à ta bêtise… C’est alors que je me suis adressée à M. Ernest… le sous-chef… un jeune homme très bien… qui a connu ma famille…


Tapiou.

J’ai idée qu’il te fait de l’œil…