Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/123

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Beauperthuis, anéanti et suffoquant.

Ce qui m’arrive là est peut-être unique dans les fastes de l’humanité !… J’ai les pieds à l’eau… j’attends ma femme… et voilà un monsieur qui vient me parler de chapeau et me viser avec mes propres pistolets…


Fadinard, avec force et le ramenant au milieu de la scène.

C’est une tragédie !… vous ne savez pas… un chapeau de paille mangé par mon cheval… dans le bois de Vincennes… tandis que sa propriétaire errait dans la forêt avec un jeune milicien !


Beauperthuis.

Eh bien ?… qu’est-ce que ça me fait ?


Fadinard.

Mais vous ne comprenez pas qu’ils se sont incrustés chez moi… à bail de trois, six, neuf…


Beauperthuis.

Pourquoi cette jeune veuve ne rentre-t-elle pas chez elle ?…


Fadinard.

Jeune veuve, plût au ciel ! mais il y a un mari.


Beauperthuis.

Ah bah ! ah ! ah !


Fadinard.

Une canaille ! un gredin ! un idiot ! qui la pilerait sous ses pieds… comme un frêle grain de poivre.


Beauperthuis.

Je comprends ça


Fadinard.

Oui, mais nous le fourrerons dedans… le mari ! grâce à vous… gros farceur ! gros gueux-gueux ! n’est-ce pas que nous le fourrerons dedans ?