Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/143

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Nonancourt, résistant.

Veux-tu lâcher, bigame !… (Il tombe assis.) Ah ! tout est rompu, mon gendre… (Le bas du carton, qui contient le chapeau, est resté dans se mains, et le couvercle dans celles de Fadinard.)


Vézinet, ramassant le carton.

Prenez donc garde !… un chapeau de paille d’Italie !…


Fadinard, criant.

Hein ?… d’Italie ?…


Vézinet, l’examinant.

Mon cadeau de noces… Je l’ai fait venir de Florence… pour cinq cents francs.


Fadinard, tirant son échantillon.

De Florence !… (Lui prenant le chapeau et le comparant à l’échantillon sous le réverbère.) Donnez ça !… Est-il possible !… moi qui, depuis ce matin… et il était.. (Etouffant de joie.) Mais, oui… conforme !… conforme !… conforme !… et des coquelicots ! .. (Criant.) Vive l’Italie !… (Il le remet dans le carton.)


Tous.

Il est fou !…


Fadinard, sautant, chantant et embrassant tout le monde.

Vive Vézinet !… vive Nonancourt !… vive ma femme !… vive Bobin… vive la ligne !… (Il embrasse Tardiveau.)


Tardiveau, ahuri.

Passez au large… sac à papier !…


Nonancourt, pendant que Fadinard embrasse follement tout le monde.

Un chapeau de cinq cents francs !… tu ne l’auras pas, gredin !… (Il tire le chapeau du carton et referme le couvercle.)