Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/161

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leur servirai des riz au lait sans lait… et sans riz !… À minuit, je monte sur un fauteuil et je leur crie : "Vous êtes tous des gueux ! j’ai assez de vos grimaces ! fichez-moi le camp !…" Et, quand ils seront partis, je brûlerai du vinaigre !!! (Grelottant.) Brrr !… je me refroidis dans ce costume… J’ai mal dormi… J’ai fait des rêves atroces… j’ai rêvé que j’embrassais un notaire et trois avoués !… Pouah !… (Ouvrant son sucrier.) C’est la bile qui me tourmente. (Renversant les morceaux de sucre sur la table.) Ah !… je reconnais bien là les enfants des hommes… J’en ai laissé cinq morceaux et je n’en retrouve plus que quatre !… Où est le cinquième ?… Avec mon portefeuille, sans doute… un portefeuille nourri de quatre billets de mille… Je l’ai égaré dans l’appartement ou dans l’escalier… Je me suis parié un cigare qu’on ne me le rapporterait pas… Eh bien, j’ai gagné !… Triste ! triste ! Bah ! je vais me recoucher. (Il se dirige vers sa chambre, puis revient tout à coup.) Non !… Avant, j’ai envie de mettre tous mes domestiques à la porte !… Je les ai depuis cinq jours… il faut en finir !

Il agite une sonnette.


Scène III

Chiffonnet ; puis deux domestiques ; puis Prunette



Un domestique, paraissant à droite.

Monsieur ?


Chiffonnet, avec douceur.

Approche, mon ami, approche.


Le Domestique, à part.

Tiens ! il a l’air de bonne humeur !