Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/377

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Dardard.

Oui, la récolte. Il s’agissait du meilleur cru des environs de Bordeaux… le cru de… neuf étoiles. Une affaire d’or !… Alors je me dis : "Bah ! ce neveu est riche… il attendra bien six mois. Je lui porterai ça plus tard." Je rumine mon opération, je consulte un ami, un jeune homme de Bergerac ; il m’approuve, et je pars. Pontbichet, ne contez jamais vos affaires à un jeune homme de Bergerac !


Pontbichet.

Pourquoi ça ?


Dardard.

J’arrive chez le vendeur… qu’est-ce que je trouve ? le petit gueux qui venait de me souffler…


Pontbichet.

Le cru de neuf étoiles ?


Dardard.

Juste !


Pontbichet.

Oh ! un cru si étoilé que ça !


Dardard.

À ma place, qu’eussiez-vous fait ?


Pontbichet, avec dignité.

J’aurais jeté sur ce jeune homme un regard hautain… et je serais parti.


Dardard.

Parti ? Tenez, vous n’êtes qu’un Champenois !


Pontbichet.

Je suis de Courbevoie.