Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/491

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Potard.

C’est vrai… Vous êtes si bonne pour moi… Cela m’encourage, cousine, j’ai une demande à vous faire.


Norine.

A moi ?


Potard.

C’est-à-dire à votre mari.


Norine.

Voyons !


Potard.

C’est que c’est une demande d’argent.


Norine.

Eh bien, qu’est-ce que ça fait ?


Potard.

Pendant sa grossesse, ma femme a eu des envies ruineuses… elle ne voulait manger que du melon et des fraises…


Norine.

Moi, j’avalais des boîtes de sardines.


Potard.

J’aurais préféré des sardines, parce que les melons et les fraises… au mois de janvier… ça coûte cher !… mais j’avais peur que le petit n’en fût marqué.


Norine.

Mon filleul marqué d’un melon, quelle horreur !


Potard.

Bref ! je dois quinze cents francs à un marchand de comestibles qui me poursuit !


Norine.

Eh bien, il faut les payer… nous sommes riches.