Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 02.djvu/125

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DANIEL

Voulez-vous un exemple : M. Perrichon…


PERRICHON, passant sa tête à la porte du pavillon.

Mon nom !


DANIEL

Vous me permettrez de ne pas le ranger dans la catégorie des hommes supérieurs.

Perrichon disparaît.

DANIEL

Eh bien, M. Perrichon vous a pris tout doucement en grippe.


ARMAND

J’en ai bien peur.


DANIEL

Et pourtant vous lui avez sauvé la vie. Vous croyez peut-être que ce souvenir lui rappelle un grand acte de dévouement ? Non ! il lui rappelle trois choses : Primo, qu’il ne sait pas monter à cheval ; secundo, qu’il a eu tort de mettre des éperons, malgré l’avis de sa femme ; tertio, qu’il a fait en public une culbute ridicule…


ARMAND

Soit, mais…


DANIEL

Et, comme il fallait un bouquet à ce beau feu d’artifice, vous lui avez démontré, comme deux et deux font quatre, que vous ne faisiez aucun cas de son courage, en empêchant un duel… qui n’aurait pas eu lieu.


ARMAND

Comment ?


DANIEL

J’avais pris mes mesures… Je rends aussi quelquefois des services…