Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 02.djvu/357

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Madame Ratinois.

Et madame Malingear t’a dit : "C’est étonnant ! Madame votre mère ne va donc jamais aux Italiens… Je ne l’ai pas encore aperçue."


Ratinois.

Dès le jour même, je suis allé louer une loge pour la saison… Et c’est salé, dans ce théâtre-là !


Madame Ratinois,

C’est un sacrifice momentané.

Elle se rassied.


Ratinois.

Je l’ai compris… Quand on a l’ambition d’entrer dans une pareille famille ; il faut faire les choses dignement. Aussi, lorsque tu m’as fait observer qu’on ne pouvait aller aux Italiens à pied… je me suis empressé de prendre une voiture au mois… ce qui est encore très salé !


Madame Ratinois.

Puisque c’est l’usage.


Ratinois, s’asseyant.

Je ne dis rien ; il faut faire les choses dignement… Seulement, s’il m’avait été permis de choisir le théâtre… je n’aurais, pas choisi celui-là !


Madame Ratinois.

Pourquoi ?


Ratinois.

Ils donnent toujours la même pièce… Voilà quatre fois que nous y allons :… quatre fois Rigoletto ! D’abord, c’est en italien… on n’y comprend rien !


Madame Ratinois.

Toi !