Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 02.djvu/464

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Madame de Guy.

Comment !


Désambois.

Moi aussi, madame, j’ai aimé… l’année dernière.


Madame de Guy.

Vous ? Ah ! par exemple !


Désambois.

C’était une maîtresse de pension, une femme considérable par l’esprit et le savoir…. munie de ses diplômes, car elle avait passé tous ses examens en séance publique à l’Hôtel de Ville. Je lui fus présenté par un professeur de grammaire… un philologue éminent. Cette dame m’accueillit favorablement d’abord… je lui fis trois visites… un peu longues, peut-être… dans lesquelles nous traitâmes différentes questions scientifiques ou morales… À la troisième, elle me fit entendre que la présence assidue d’un homme, jeune encore, pouvait nuire à la considération de son pensionnat… J’appréciai cette raison de haute convenance… je cessai mes visites pendant un mois !


Madame de Guy.

Et au bout d’un mois ?


Désambois.

J’appris qu’elle venait de se marier avec le maître à danser de son établissement.


Madame de Guy.

Oh ! pauvre monsieur Désambois ! Et que fîtes-vous ?


Désambois, avec orgueil.

J’appris le grec, madame… et je fus guéri !


Madame de Guy, riant.

C’est un remède héroïque !…