Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 03.djvu/205

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Vit-on jamais le brutal sanglier
Donner le jour à la douce gazelle ?…
Je ne consens, trop abrupt hérisson !
À proclamer cet ange-là ta fille
Qu’en me disant… triste réflexion !
L’état civil du brillant papillon
Remonte bien à la chenille !

Et je renoncerais à elle à cause de sa ganache de père !… Je serais bien bête !… (Relevant le mot, comme s’il lui était adressé par un autre.) Bête !… beau-père !… (Se calmant.) Ah ! non !… c’est moi !


Jurançon entrant par la gauche.

Mon ami, je suis chargé d’une mission pénible ; je quitte Bécamel.


Beaudéduit.

Retire-t-il le mot ?


Jurançon.

Il m’a prié de vous signifier votre… congé.


Beaudéduit.

Très bien ! ça me va ! (Appelant.) Dominique ! (À part, revenant.) J’y pense… la petite… m’a fait promettre de l’attendre… je ne peux pas m’en aller !


Jurançon.

Quant à moi, je n’y suis pour rien… Croyez à tous mes regrets… Je vais vous accompagner.


Beaudéduit.

Avec plaisir… Ce cher Jurançon !… (Il s’assoit près du guéridon.) Voyons… parlez-moi de votre famille… de votre portier…


Jurançon, à part.

Eh bien, il s’assoit. (Haut.) Mon ami… je crois que vous ne m’avez pas bien compris.