Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 03.djvu/393

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La Baronne.

Ce n’est pas si pressé, Adèle n’a pas dix-huit ans.


Fourchevif.

Encore faut-il répondre ! C’est un excellent parti. Les Dandrin ont la plus belle raffinerie de betteraves du département. Sais-tu le chiffre de leur dernier inventaire ? Cent soixante-quatre mille trois cent trente-deux, zéro cinq ! voilà ce que j’appelle un inventaire.


La Baronne.

Sans doute… sans doute.


Fourchevif.

Quoi, sans doute ? ce n’est pas un bel inventaire ?


La Baronne.

Si, mais Dandrin… Dandrin… c’est bien court ; il n’est pas noble.


Fourchevif.

Eh bien, et nous ?


La Baronne, effrayée.

Chut ! tais-toi donc.


Fourchevif.

Sois donc tranquille, il n’y a personne. Mais tu oublies toujours que je m’appelle Potard, et toi… par conséquent madame Potard.


La Baronne.

Mon ami !


Fourchevif.

Et que nous avons vendu de la porcelaine rue de Paradis-Poissonnière, 22. Et je m’en vante… Tout bas, par exemple.


La Baronne.

Vous êtes insupportable avec vos souvenirs.