Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 03.djvu/478

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cassagnol, à part.

Je n’ai pas trouvé de blouse dans ma garde-robe.


pontcharrat, au Corinthien.

Pardon… mais nous attendions un ouvrier.


cassagnol.

Je suis aux ordres de l’assemblée.


pontcharrat.

Comment ! vous êtes ?…


cassagnol, lorgnant le président,

Tailleur de pierre.


pontcharrat.

Ah ! pardon !… je vous prenais pour un diplomate… Veuillez prendre la peine de monter à la tribune.


tous.

Oui, à la tribune !… à la tribune !…


cassagnol.

Citoyens !… (Toussant.) Hum ! hum ! (Il tire une bonbonnière.) Je vous demanderai la permission de prendre un jujube. Citoyens ! fils d’ouvrier, ouvrier moi-même… j’ai toujours manié la pioche et le marteau. Si vous me demandez mes titres à moi, pauvre prolétaire, je vous répondrai en vous montrant ces mains calleuses, (Un paysan qui est à côté de lui se lève et regarde ses mains ; il les cache derrière son dos.) usées par le travail ; ces bras tatoués par la souffrance…


une voix, dans le fond.

Faites-les voir.


tous.

Oui, oui, oui.


cassagnol.

Ah ! que ne puis-je me mettre à nu devant vous.