Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 10.djvu/145

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paraît, on ferme les portes, on lève la herse et l’on crie sur toute la ligne : "Sentinelles, prenez garde à vous !…" Tandis qu’un homme marié… c’est un confrère, un allié ; moi, j’étais toujours marié depuis six mois.


Hector.

C’est très joli… Mais, quand on demandait à voir madame Verdinet…


Verdinet.

Ah ! c’est là que mon triomphe commençait ! Je m’élevais véritablement à la hauteur de Machiavel ! Je rougissais… je balbutiais… et je finissais par avouer, en demandant le secret, que ma femme, la malheureuse… oubliant ses devoirs et ses serments…


Hector.

Hein ?


Verdinet.

Avait déserté le toit conjugal par un jour d’orage !…


Hector.

Comment ! vous vous donniez pour un mari ?…


Verdinet.

Complètement ! Ah ! dame, il faut du courage. Alors, il se passait dans le ménage que j’attaquais deux phénomènes très curieux… Le mari devenait très gai, il pouffait de rire en me regardant… les maris sont étonnants pour rire de cela !


Hector.

Et la femme ?


Verdinet.

La femme prenait des teintes sérieuses… elle me regardait d’un air singulier qui voulait dire : "Pauvre garçon ! si jeune ! le voilà seul, abandonné, son ave