Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 10.djvu/97

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Edmond.

Eh bien, qu’est-ce que tu as ?… tu souffres ?


Bathilde.

Non !… (Pleurant.) La Suisse m’ennuie !


Edmond.

Allons, bien ! Voyons, un peu de courage !… puisque nous y sommes… Depuis deux jours, je ne te reconnais plus… Tu es triste… presque maussade.


Bathilde, pleurant.

Je n’ai pas de lettre de maman !


Edmond, la relevant, après l’avoir embrassée.

Il en viendra, des lettres de maman… calme-toi… Ce n’est pas une raison pour faire des impolitesses aux étrangers… Tout à l’heure encore, tu as brusquement quitté la famille Martin, en mettant ton cheval au trot…


Bathilde.

Tiens ! si tu crois que c’est amusant de voyager avec ces gens-là ! Depuis Chamounix, ils ne nous quittent pas une minute, nous ne sommes jamais seuls… Moi, je ne comprends pas la Suisse comme ça !


Edmond.

Ma chère, il y a des relations du monde qu’il faut savoir cultiver.


Bathilde.

Je ne suis pas venue en Suisse pour cultiver des relations… Je suis venue pour me promener avec mon mari, sans personne… Du reste, le pays n’est pas joli par ici.


Edmond.

Par exemple ! Des montagnes, des cascades, des torrents !