Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/100

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C’est en 1775 que M. de Vergennes s’exprimait ainsi, et vous pouvez juger avec quel désintéressement Louis XVI, éclairé par son habile ministre, secourut la liberté américaine, sachant bien qu’il fondait un empire.

Voici maintenant, à soixante-dix ans de distance, la confirmation des prophéties de M. de Vergennes, si l’on peut appeler prophétie une vue aussi sûre ; ce sont les paroles mêmes de l’homme d’État français dans la bouche d’un président américain, M. Polk, qui, dans sa courte magistrature, a eu la gloire et le bonheur de terminer la querelle de l’Orégon, et cette guerre du Mexique, qui a donné aux États-Unis la Californie. C’est au sujet de l’Orégon, dans son message de 1845, que le président Polk fait l’énergique déclaration de principes qui suit :

La rapide extension de nos établissements sur nos territoires jusqu’alors inoccupés, l’addition de nouveaux États à ceux que comprend la confédération (c’est du Texas qu’il s’agit), l’expansion des principes de liberté, notre grandeur naissante comme nation, ont attiré l’attention des puissances de l’Europe ; et, dernièrement on a émis, chez quelques-unes, la doctrine d’un équilibre des États d’Amérique pour arrêter notre progrès. Les États-Unis, avec le désir sincère de conserver des relations de bonne intelligence avec toutes les nations, ne peuvent cependant, par leur silence, permettre aucune intervention européenne sur le continent de l’Amérique du nord, et si on essaye de cette intervention, nous y résisterons à tous hasards.