Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/111

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punir le coupable ; mais, au lieu de le poursuivre, comme il était juste, pour l’acte qu’il avait commis, Jacques recourut à un moyen de basse vengeance, que nous ne comprenons plus aujourd’hui, on peut le dire à l’honneur de notre siècle. Il fit revivre, après quinze années, l’ancienne accusation et l’ancienne sentence. Raleigh, cité devant la cour du banc du roi, plaida le pardon qu’il avait au moins implicitement reçu ; mais la cour maintint la condamnation, et le lendemain de cet arrêt, le 26 octobre 1618, Raleigh, âgé de soixante-dix ans, porta sa tête sur l’échafaud. Il mourut avec un courage et une fermeté qui ne démentirent point le reste de sa vie, laissant l’exemple d’un des plus effroyables abus de justice que se soit jamais permis la tyrannie.

Ce fut cependant sous ce roi de triste mémoire qu’eut lieu le premier établissement durable en Amérique. Jacques se montra favorable aux entreprises lointaines, et, quoique son intervention dans les affaires coloniales n’ait pas toujours été heureuse, il est juste de reconnaître que ce fut chez lui une politique constante de diriger l’ardeur de ses sujets vers des expéditions pacifiques, et de propager ainsi l’industrie et la civilisation. En 1606, il divisa en deux grandes portions à peu près égales cette partie de l’Amérique qui comprit plus tard les treize colonies, et qu’on nommait alors dans toute son étendue la Virginie. L’une,