Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/113

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


idées ; il y a eu dès l’origine une différence foncière, et qui ne tenait pas seulement au climat, entre les gens du nord et les gens du sud, distinction qui subsiste aujourd’hui, compliquée, il est vrai, de l’esclavage, et envenimée par ce mal profond. Il est donc naturel de partager l’étude des colonies, de traiter d’abord des deux concessions primitives, et de parler ensuite des États nouveaux qui se sont détachés du premier domaine. Comme la plupart des chartes se ressemblent, et qu’on peut les ramener aux deux types primitifs du nord et du midi, cette division simplifiera nos études.

Commençons par la Virginie, qui fut la première en date des colonies.

La concession de la Virginie, la charte de la nouvelle colonie fut accordée à une compagnie de Londres, dont les chefs étaient sir Thomas Gates, sir Georges Summers, et Richard Hakluyt, du chapitre de Westminster. Hakluyt est l’homme auquel l’Angleterre doit la colonisation de l’Amérique ; il usa sa vie à réunir tous les récits des voyageurs anglais, à traduire toutes les relations espagnoles, et pendant le règne d’Élisabeth et de Jacques I il fut le centre où aboutirent tous les renseignements, d’où sortirent toutes les instructions. Sa collection de voyages est encore aujourd’hui ce que l’on possède de plus curieux et de plus complet sur ces premiers établissements.