Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/114

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


La charte de Virginie mérite notre attention par la lumière qu’elle jette sur l’état civil et politique de la colonie, et par ce qu’elle nous apprend sur les idées économiques et le système colonial du xviie siècle ; car ce que fit l’Angleterre ne diffère en rien de ce qu’on essayait alors en d’autres pays.

Remarquons d’abord que c’est à une compagnie qu’on fait la concession. L’âge féodal est fini, ce n’est plus à un seigneur comme Raleigh qu’on donne ce nouveau domaine ; mais ce n’est pas non plus l’État qui prend en main la colonisation. L’âge des compagnies, qui aujourd’hui n’est point encore expiré, a fait la transition entre la concession féodale et l’intervention directe de l’État ; la Hollande, la France, l’Angleterre, ont eu leurs grandes compagnies des Indes orientales et des Indes occidentales, et si les nôtres ont échoué, il en est d’autres plus heureuses, comme la compagnie anglaise des Indes qui ont conquis et gouverné des empires.

En ce moment, le seul point sur lequel j’insiste parce qu’il nous expliquera bien des choses dans la suite de nos recherches, c’est le caractère particulier que donnait à l’établissement colonial la forme même des concessions. Jacques I ne croyait pas accorder la fondation d’un empire à quelques marchands. C’était une compagnie qu’il autorisait à trafiquer, à pêcher et à planter en des