Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/118

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et demi, nous content la mauvaise fortune des essais de communauté tentés en Virginie. Il en fut de même dans la première colonie de la Nouvelle-Angleterre ; et, quoique les colons puritains fussent unis par une foi ardente et l’amour de l’égalité chrétienne, un essai semblable amena d’aussi tristes résultats. Hormis les couvents, toutes les entreprises pareilles ont avorté, révélant ainsi un fait constant, et ce qu’on peut nommer une loi naturelle : c’est que l’homme a le sentiment et le besoin de la propriété, et que la propriété est la première condition du travail individuel, de la vie de famille et de la société.

C’est là une vérité qu’on ne contestait pas autrefois, une vérité que nous démontre l’étude de l’homme, et qu’il n’est pas inutile de confirmer par l’histoire, la pierre de touche de toutes les théories, l’écueil où se brisent toutes les idées fausses et creuses, si brillantes qu’elles soient en apparence.

Je reviens maintenant à la charte de concession dont il nous reste à examiner les dispositions politiques.

La colonie étant l’œuvre et en quelque façon la propriété d’une société dont le siège était à Londres, c’était à Londres qu’on avait établi le conseil supérieur auquel appartenait le gouvernement de la plantation. Mais comme on ne peut administrer que sur place, la direction fut remise à un