Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/124

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


n’est rien de plus que le tabac ; c’est-à-dire un simple moyen d’échange et non pas la richesse, une marchandise qui hausse et baisse comme les autres. Tout subordonner à sa possession comme on le faisait dans le fameux système de la balance du commerce ; ou vouloir l’exclure du marché pour supprimer l’intérêt du capital, comme on le demandait naguère, c’est donc poursuivre une double chimère. L’exemple de la Virginie rend l’erreur visible. L’État eût été insensé s’il eût cru s’enrichir en accaparant tout le tabac, et en défendant de l’échanger ; et, d’autre part, personne ne se fût avisé de demander au planteur qui le premier mettait le tabac en circulation, de ne point tirer de son travail le profit légitime, ou, si l’on veut, l’intérêt auquel il avait droit. Ainsi, changez les termes du problème, la solution en devient des plus aisées ; et dans toutes les discussions d’économie politique où vous ne vous rendez pas bien compte du rôle de la monnaie, rappelez-vous l’exemple de la Virginie, et la question s’éclaircira.

Au moment où la colonie commençait à se livrer à la culture du tabac, un événement eut lieu qui a marqué tristement dans les annales d’Amérique, et qui a eu la plus grande influence sur la destinée de la Virginie et le caractère de ses habitants. Un vaisseau hollandais arrivant de la côte de Guinée entra en 1620 dans la rivière