Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/125

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Saint-James, et vendit vingt esclaves aux colons.

Le grand profit qu’on pouvait tirer du travail des esclaves, la résistance qu’ils opposaient au climat et le prix élevé auquel se vendait le tabac, donnaient aux planteurs le désir et le moyen d’acquérir beaucoup de noirs ; toutefois le nombre en fut moins considérable qu’on ne pourrait croire, par une raison qui mérite d’être observée.

C’est qu’au xviie siècle, en un temps où vous croyez sans doute que tout esclavage était aboli, en un temps de civilisation et de lumières, et si vous le voulez à l’époque la plus brillante du règne de Louis XIV, l’Angleterre expédiait en Amérique les pauvres et les condamnés ( convicts) pour les soumettre à un esclavage temporaire, il est vrai, mais qui n’en était pas moins des plus rudes. L’écume des prisons était envoyée aux plantations ; ce n’était qu’une part infime de la population coloniale, mais c’en était assez pour appeler le dédain de l’Angleterre sur les habitants du nouveau monde, et ceci vous explique les injures qu’on adressait aux Américains lors de la révolution : c’était une race de convicts, nous eussions dit de galériens,

Ce n’était pas toujours le crime qui emportait l’exil et l’esclavage dans les colonies. Les guerres civiles furent aussi une cause de déportation.